Derrière le brouillard part 2 :
Il est conseillé de relire la première partie avant de commencer celle-ci !
Nous venions de retrouver nos amis et nous étions soulagés, je regardai alors attentivement la façon dont mes amis étaient blessés. Ils avaient dû tomber à un endroit profond. Je commençais à me demander pourquoi Caterina n’était pas avec eux, je la cherchais, mais, en vain… “Mais comment vous êtes-vous fait ça ? Kenzo, ton bras… Maria, ta jambe… Et… Où est Caterina ?” leur demandai-je, inquiète. Si elle n’était pas avec eux, alors je craignais le pire.
Ils n’avaient pas l’air de savoir, alors j’ai décidé de laisser tomber. Je m’avançais vers eux, attristée, et demanda à Kenzo ce qu’il leur était arrivé. Il décida alors de tout me raconter :
Nous avons été séparer de vous, je l’ai senti. Je ne vous entendais plus du tout, Maria était terrifiée et est restée accrochée à moi tout le long de notre séparation. On voulait vous retrouvés, le brouillard nous mettaient mal à l’aise, j’avais l’impression d’être observé, que quelque chose nous épiait derrière ce brouillard. J’ai demandé à Maria de se calmer, vu qu’elle commençait à pleurer. Je tentais de la réconforter en lui frottant l’épaule, mais le réconfort n’était clairement pas mon atout. Nous avancions doucement, mais après quelque pas à peine, le sol se déroba sous nos pieds et nous sommes tombés. Je ne sais pas comment ni où, puisque ma vue était brouillée par la brume et l’obscurité. Lorsque nous sommes arrivés au sol, j’ai entendu les os de mon bras se brisés. Maria a hurlé à la mort, bien que j’eusse amortis sa chute. Je compris que sa jambe avait donc reçu un choc aussi.
Bien que maladroitement, nous avançâmes doucement dans le tunnel où nous avions atterris. Maria et moi tremblions de peur, et d’inquiétude. Nous avancions dans le noir complet, sans aucun repère. Notre seule source de lumière était le briquet, placé dans ma poche, nos deux téléphones étaient brisés. Nous n’avions donc aucun moyen de commun de communiquer avec les autres. De plus, je devais soutenir Maria avec mon seul bras valide pour qu’elle puisse marcher correctement.
Au bout de quelques minutes dans le noir le plus complet, nous aperçûmes une légère lueur qui émanait du bout du tunnel. Cette lumière n’était pas rassurante, ni chaleureuse, non, au contraire, elle était froide et nous a fait frissonner jusqu’au plus profond de nos os. Nous arrivâmes dans une sorte de dômes où l’on pouvait voir l’eau passer au-dessus de nos têtes, expliquant la fraicheur des lieux ainsi que sa lumière peu rassurante. Nous continuâmes à avancer dans ce dôme, nous étions absorbés par la beauté de l’eau et de son habitat, au point que nous nous sommes cognés contre une grande masse entre le mou et le dure. Sous le choc nous sommes tombés. Je fus celui qui releva la tête en premier. J’eus un couinement d’étonnement, Maria releva donc la tête, et se retrouva nez à nez avec un homme qui ressemblait étrangement à Kay, sans vraiment lui ressembler. En effet, Kay avait les cheveux extrêmement cours et surtout il n’était pas aussi musculairement développé. Il me prit la main et me releva avec une grande douceur, entraînant Maria. Puis, après nous avoir relevés, il prit la parole : “N’ayez pas peur, je ne vous veux pas de mal, bien au contraire, je suis de votre cotés.” Nous étions sous le choc, nous l’avons suivi sans broncher et sans nous méfier de quoi que ce soit.
Au bout de quelque minute, cet éphèbe nous fit entrer dans une grande pièce, grande et sombre, il nous installa dans des fauteuils en cuir bleus et nous tendis des chocolats chauds. Un peu hésitant, je pris la tasse, le gout était rassurant et doux. Maria, elle posa la tasse au sol, plus méfiante. Elle me regarda droit dans les yeux, puis revint sur le jeune homme surprenant qui nous accompagnait. Lui, comprit son regard insistant, leva les yeux au plafond un instant avant de prendre la parole : “Ne t’en fais pas Maria, il n’y a rien dans cette tasse, qui serait susceptible de vous faire quoi que soit d’autre que vous réchauffer”. Elle ria, nerveusement avant de baisser la tête et prendre la parole à son tour : “Je ne vous ai jamais dit mon nom…” Je relevai la tête, glacé par le ton qu’employait Maria. Je compris que, en effet, ni l’un, ni l’autre, n’avions donné notre nom, nous ne nous étions pas présentés, et lui non plus d’ailleurs. Elle traversa la pièce, non sans boiter, et lorsqu’elle fut au niveau de l’homme, elle l’empoigna par la chemise, avant de le défier du regard. Ce dernier la regarda d’un air doux et se laissa faire, afin de lui faire comprendre qu’il n’était pas un danger pour nous. Il s’éloigna lentement de nous, avec une telle grâce que l’on pourrait croire qu’il flottait au-dessus du sol. Il se retourna légèrement vers nous, un sourire mesquin aux lèvres et s’en alla en ricanant.
Quelques minutes plus tard, il revint avec des bandages et une attelle dans ses mains, il était suivi par un jeune homme que je reconnu tout de suite : Paulo. Je me précipitais vers lui, j’abattais mes mains sur ses épaules, et le regarda longuement dans les yeux. Paulo lui, fit une grimace et m’enfila une attelle pour mon bras.
Je lui demandais donc comment il était arrivé là, et il me dit qu’il n’avait tout simplement pas quitté Kay et Lila des yeux mais que Caterina, elle, avait totalement disparue. Ils avaient marché des heures, en essayant de nous retrouver dans cet épais brouillard, et l’avaient perdue de vue.
Cependant, je ne comprenais pas pourquoi il en venait à parler de Kay et Lila, puisqu’aucun des deux n’était présent. Comme pour me contredire, une porte s’ouvrit à la volé et Lila entra en hurlant : “Kay !!! Paulo a disparu !” Elle s’arrêta au niveau du jeune homme avant de nous dévisager et de sourire. “Vous êtes là ! Génial ! Je pensais que Kay mettrait plus de temps à vous retrouver, mais où sont les autres à la fin ? ”
Je ne comprenais pas où elle voulait en venir en appelant Kay, puisqu’il n’était pas présent dans la pièce, et pourquoi, disait-elle que Paulo avait disparue, puisqu’il était devant nous. Elle tourna la tête en direction de l’éphèbe et son sourire fut plus grand en apercevant Paulo. “ Tu es là ! Tu étais passé où ? Je me suis fait un sang d’encre avec ta cheville cassée.” Les deux commencèrent à discuter tout en traversant la pièce et en enfilant une attelle à Maria.
Tout d’un coup, Lila se retourna et hurla à travers la pièce “ Kay, au lieu de faire le piquet viens nous aider à soigner Maria et Kenzo !” Je ne comprenais pas pourquoi Lila s’obstinait à hurler le nom de Kay comme s’il allait lui répondre. D’un coup l’inconnu répondis à Lila : “J’arrive Lila, je crois qu’il faut d’abord que j’aille vérifier si personne n’est tombé dans les tunnels”.
Après sa courte intervention, je compris enfin, que le jeune éphèbe qui avait des airs similaires à ceux de Kay était en réalité Kay lui-même, bien qu’il ait étrangement changé en l’espace de quelques heures.
Afin de répondre à mes interrogations, le dénommé Kay se tourna légèrement dans ma direction et me dit “ Je ne comprends pas moi-même mon changement physique Kenzo, tout ce que je peux t’affirmer c’est qu’il s’agit bien de moi et de personne d’autre”. Puis il s’en alla par l’endroit où nous étions entrés.
Nous suivîmes Paulo et Lila à travers les souterrains et en passant par plusieurs dômes similaires au premier, et je n’arrivais toujours pas à passer outre la beauté des lieus, nous avions beau être à des centaines de mètres de profondeurs, le bleu de l’océan et les milliers de couleurs des créatures marines enchantaient les pièces les unes après les autres.
Nous arrivâmes auprès d’une grande porte en bois de chêne. Lila l’ouvrit avec difficulté au vu de la taille de la porte. Elle entra dans la pièce qui était étrangement petite, il y avait un canapé et des fauteuils ainsi que des tables basses. Quelques tasses fumantes y reposaient. Je pouvais apercevoir une assiette pleine de gâteaux et l’odeur embaumait la pièce. Le plafond était fait de verre, comme les dômes que nous avions traversés, ce qui donnait un aspect assez froid à la pièce. Et d’ailleurs, il y faisait froid…
Quelques minutes plus tard, alors que nous rigolions avec Paulo et Lila, des pas et des voix se firent entendre dans notre direction. Maria se raidit aussitôt, pendant que Paulo et Lila se dirigèrent vers la porte. Moi je restais en retrait. Lila, ouvrit la porte et fit un grand sourire, elle fit entrer Kay qui portait quelqu’un dans ses bras. La petite chose se tourna vers nous et nous laissa apercevoir qu’il s’agissait en vérité d’Achilles et c’est là que tu es entré Léana, à leur suite.
La suite au prochain épisode…
